9 000 milliards d'euros vont changer de mains en France d'ici 2040. Derrière ce chiffre vertigineux (l'équivalent de trois fois le PIB annuel du pays) se cache l'un des bouleversements économiques majeurs de la décennie. Et pourtant, la grande majorité des Français concernés ne l'ont pas anticipé.
Chez Immoptis, nous sommes convaincus qu'une succession réussie ne se règle pas après un décès : elle se prépare, en amont, sereinement. C'est tout le sens de notre nouvelle collaboration avec Myloot.
Une vague successorale sans précédent
Le phénomène a un nom : la « grande transmission ». Il désigne le transfert progressif des patrimoines accumulés par la génération des baby-boomers vers leurs héritiers. Cette génération, née entre la fin des années 1940 et le milieu des années 1960, a bénéficié de plusieurs décennies de croissance, d'accession massive à la propriété et de valorisation de l'immobilier. Elle détient aujourd'hui une part considérable du patrimoine national et, mécaniquement, sous l'effet du vieillissement démographique et de la hausse du nombre de décès attendue dans les quinze prochaines années, ce patrimoine va se transmettre.
Selon un rapport de la Fondation Jean-Jaurès publié fin 2024, plus de 9 000 milliards d'euros de patrimoine pourraient être transmis en France entre 2025 et 2040. Concrètement, le flux successoral annuel (qui regroupe successions et donations) passerait d'environ 464 milliards d'euros en 2025 à 677 milliards d'euros en 2040. La part de ces transmissions dans l'économie française progresserait ainsi de 16 % à plus de 20 % du PIB.
Cette dynamique change la nature même de la question patrimoniale. L'héritage représente désormais près de 60 % du patrimoine des Français : la part de la fortune héritée a quasiment doublé en cinquante ans. Autrement dit, ce que l'on transmet (et la manière dont on le transmet) pèse aujourd'hui davantage dans la trajectoire d'une famille que ce que l'on accumule au cours d'une vie active. Ce n'est plus un sujet périphérique, mais un pilier central de la constitution et de la circulation de la richesse.
Cette concentration appelle une conséquence simple : la façon dont chaque famille organise sa transmission n'est plus un détail technique. C'est une décision structurante, qui se joue sur plusieurs années et dont les effets (fiscaux, financiers et humains) se font sentir sur une, voire deux générations.
Un pays encore largement non préparé
Le paradoxe est saisissant : alors que les enjeux n'ont jamais été aussi importants, les Français restent peu préparés. Le baromètre sur la grande transmission, réalisé par l'institut Viavoice pour La France Mutualiste (mai 2026, auprès de 1 000 personnes), met en lumière plusieurs blocages majeurs.
Le manque d'information. Parmi les Français qui se disent concernés par la transmission, environ 45 % de la population, 43 % estiment manquer d'informations sur les mécanismes successoraux. Donation, démembrement, clauses bénéficiaires, abattements, fiscalité : autant de leviers méconnus, alors qu'ils peuvent transformer radicalement le coût et la fluidité d'une transmission. Beaucoup ignorent par exemple qu'il est possible de transmettre des sommes importantes de son vivant, totalement exonérées de droits, à condition de s'y prendre tôt.
Le tabou familial. Près de six personnes concernées sur dix (58 %) n'ont jamais abordé le sujet de la transmission avec leurs proches. La mort, l'argent, l'équité entre enfants : ces conversations touchent à l'intime et à l'avenir, et on les repousse souvent jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Or le silence a un coût. Faute d'avoir exprimé ses volontés, on laisse aux héritiers le soin de deviner, et parfois de se déchirer.
La procrastination. Beaucoup considèrent encore la succession comme un sujet « pour plus tard », réservé au très grand âge ou à la maladie. C'est une erreur de calendrier. Préparer une transmission est une démarche qui s'inscrit dans le temps long : certains dispositifs ne déploient pleinement leurs effets que sur dix ou quinze ans. Plus on commence tôt, plus la marge de manœuvre est grande.
La crainte de se déposséder. Anticiper est souvent perçu, à tort, comme « donner de son vivant » et perdre le contrôle de son patrimoine. La réalité est plus nuancée : de nombreux outils permettent de transmettre tout en conservant les revenus, l'usage, voire la gestion des biens concernés. Anticiper ne signifie pas se démunir.
Pourquoi l'anticipation change tout
Ne rien préparer, c'est exposer ses proches à trois risques concrets.
D'abord, un coût fiscal alourdi. La France applique l'un des barèmes successoraux les plus élevés d'Europe, avec des taux pouvant atteindre 45 % en ligne directe au-delà de certains seuils. À l'inverse, anticiper permet d'activer pleinement les abattements et dispositifs prévus par la loi. Rappelons par exemple qu'un parent peut transmettre jusqu'à 100 000 € par enfant en franchise de droits, et que cet abattement se reconstitue tous les quinze ans. Une stratégie de donations échelonnées, engagée suffisamment tôt et renouvelée dans le temps, peut ainsi transmettre des montants considérables sans aucune fiscalité.
Ensuite, le risque de conflits familiaux. L'absence de volontés clairement exprimées, des documents introuvables, une inégalité perçue entre héritiers : autant de sources de tensions, parfois durables, parfois irréversibles. Une transmission préparée, documentée et expliquée désamorce une grande partie de ces différends, et préserve ce qui n'a pas de prix : l'harmonie familiale.
Enfin, la complexité des démarches. Lorsqu'un proche disparaît, les héritiers font face à un véritable labyrinthe administratif : retrouver les contrats, identifier les comptes bancaires et les contrats d'assurance-vie, reconstituer le patrimoine, comprendre les volontés du défunt, accomplir les formalités dans les délais. Dans la douleur du deuil, cette charge est lourde et largement évitable lorsqu'on a tout centralisé en amont.
Une illustration concrète
Prenons un exemple simplifié, à titre purement illustratif. Un couple de 65 ans dispose d'un patrimoine de 1,5 million d'euros et a deux enfants.
Sans aucune anticipation, l'essentiel de ce patrimoine sera transmis au moment des décès, et les enfants supporteront des droits de succession sur les montants excédant leurs abattements respectifs.
Avec une stratégie construite plusieurs années à l'avance, le tableau change radicalement. Le couple peut, par exemple :
- Donner de son vivant. À deux parents et deux enfants, ce sont jusqu'à 400 000 € (4 × 100 000 €) qui peuvent être transmis en franchise de droits, abattement renouvelable tous les quinze ans. En commençant tôt, une seconde vague de donations devient possible.
- Donner en démembrement. Plutôt que de donner un bien en pleine propriété, on peut n'en transmettre que la nue-propriété tout en conservant l'usufruit (les revenus, l'usage). La valeur taxable est alors réduite en fonction de l'âge du donateur : pour un donateur de 61 à 70 ans, la nue-propriété ne représente que 60 % de la valeur du bien. Et au décès, l'usufruit s'éteint et rejoint la nue-propriété sans aucun droit supplémentaire.
- Optimiser l'assurance-vie. Les capitaux transmis via un contrat d'assurance-vie bénéficient d'un cadre fiscal spécifique, distinct des droits de succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.
Combinés, ces leviers permettent souvent de réduire très significativement, voire d'annuler, la facture fiscale tout en organisant la répartition selon les souhaits réels de la famille. C'est précisément ce travail de stratégie que nous menons aux côtés de nos clients.
Deux dimensions complémentaires : l'humain et l'ingénierie
Préparer sa succession, c'est en réalité agir sur deux plans distincts mais indissociables.
Le premier est humain et documentaire : recenser ses biens, ses comptes, ses contrats et ses volontés, les centraliser dans un seul endroit, et en parler à sa famille. C'est la fondation de toute transmission réussie. Sans cet inventaire et sans ce dialogue, les meilleures stratégies patrimoniales perdent en efficacité, car on ne peut optimiser que ce que l'on connaît précisément.
Le second est technique et fiscal : structurer et optimiser la transmission à l'aide des bons outils (donations, démembrement de propriété, donation-partage, clauses bénéficiaires d'assurance-vie adaptées, protection du conjoint survivant, transmission d'entreprise). C'est le cœur du métier de conseiller en gestion de patrimoine.
C'est précisément la jonction de ces deux dimensions qui fait la force d'une transmission bien menée. Et c'est pourquoi nous avons noué une collaboration avec Myloot.
Notre collaboration avec Myloot
Myloot propose un carnet de succession concret et accessible, qui permet à chacun de rassembler en un seul endroit l'essentiel : informations personnelles et contacts, patrimoine (biens, comptes, contrats), éléments administratifs et numériques, ainsi que ses volontés (obsèques, messages, dispositions diverses). Guidé pas à pas, illustré d'exemples, ce carnet se remplit à son rythme et devient, le moment venu, un repère clair pour ses proches : ils savent quoi faire, dans quel ordre, et selon quels souhaits.
Ce n'est pas un document à valeur légale, il ne remplace ni un testament ni un contrat. Mais il joue un rôle décisif : il lève le tabou, structure le dialogue familial, et offre la matière première à partir de laquelle un travail patrimonial sérieux peut commencer.
Le carnet intègre également une dimension trop souvent négligée : la succession numérique. Comptes en ligne, abonnements, photos, accès, voire actifs numériques, ce patrimoine immatériel prend une place croissante et reste, dans l'immense majorité des cas, totalement désorganisé au moment du décès. Le recenser en amont évite à ses proches bien des complications.
L'articulation avec notre accompagnement est naturelle. La préparation humaine et documentaire d'un côté ; l'ingénierie patrimoniale et fiscale de l'autre. Lorsqu'un client a centralisé ses informations grâce au carnet Myloot, nous disposons d'une vision complète et fiable de sa situation. Nous pouvons alors concentrer notre expertise là où elle crée le plus de valeur : la stratégie. Le carnet prépare le terrain ; nous bâtissons l'édifice.
Le rôle d'Immoptis dans votre transmission
En tant que cabinet indépendant de gestion de patrimoine, notre mission est d'intervenir avant, pour structurer et optimiser la transmission de votre patrimoine. Concrètement, nous vous accompagnons sur :
- L'optimisation fiscale : exploiter pleinement les abattements et dispositifs (donations échelonnées, démembrement, pacte Dutreil pour la transmission d'entreprise, assurance-vie avec son abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans).
- La protection du conjoint : donation au dernier vivant, aménagement du régime matrimonial, testament, afin de sécuriser celui ou celle qui reste.
- La transmission aux enfants et petits-enfants : démembrement de propriété, donation-partage pour figer les valeurs et garantir l'équité entre héritiers, sauts de génération au profit des petits-enfants.
- L'anticipation des conflits : clarifier les volontés, organiser la répartition et rééquilibrer si nécessaire, pour préserver l'harmonie familiale.
- La transmission du patrimoine professionnel : pour les chefs d'entreprise, sécuriser et alléger la transmission de l'outil de travail, enjeu particulièrement sensible sur le plan fiscal.
Comment se déroule un accompagnement ?
Notre démarche s'articule en quelques étapes simples. Nous commençons par un bilan patrimonial complet : faire l'inventaire de votre situation et le carnet Myloot constitue ici un excellent point de départ. Nous clarifions ensuite vos objectifs : protéger votre conjoint, avantager un enfant, transmettre une entreprise, soutenir une cause… Nous élaborons alors une stratégie sur mesure, chiffrée et expliquée, comparant les scénarios possibles. Puis nous mettons en œuvre les solutions retenues, en coordination avec votre notaire lorsque c'est nécessaire. Enfin, nous assurons un suivi dans le temps, car une stratégie de transmission s'ajuste au fil de l'évolution de votre vie et de la réglementation.
Chaque situation est unique. Le régime matrimonial, la composition du patrimoine, la structure familiale et les objectifs de chacun appellent une stratégie sur mesure et c'est là tout l'intérêt d'un accompagnement personnalisé, par opposition aux solutions toutes faites
Et maintenant ?
La grande transmission n'est pas une perspective lointaine : elle est déjà engagée. Attendre, c'est risquer de subir une fiscalité évitable, des démarches alourdies et des tensions familiales. Anticiper, c'est faire un choix de lucidité et de générosité : offrir à ses proches la sérénité, la clarté et la protection.
Le bon moment pour préparer sa succession n'est ni à la retraite, ni « plus tard ». C'est maintenant, tant que l'on dispose du temps, du recul et de la pleine maîtrise de ses décisions.
Parce qu'une bonne transmission commence avant tout par une conversation.
Vous souhaitez anticiper votre succession ? Contactez-nous : nous construirons ensemble la stratégie adaptée à votre situation.




